Partager l'article ! 5-mai-2010-Retraites :: Retraites : AUX SALARIES DE S’EN MÊLER ! ...
Les médias pilonnent à plein pour faire accepter l’inacceptable : travailler plus longtemps pour toucher moins.
La crise leur sert de prétexte alors qu’elle met en cause les politiques menées. Les besoins de financement existent, y répondre nécessite de changer les comportements des entreprises : l’argent pour l’emploi et non pour les placements financiers.
Dans le texte fondateur de la sécurité sociale figure ce principe :
« Tout être humain qui vit de son travail ou qui se trouve dans l'impossibilité de travailler, se voit garantir ainsi que les membres de sa famille des droits sociaux nouveaux ».
Le système de retraite mis en place après la guerre, pour assurer un revenu décent aux travailleurs, a contribué à relever ce défi. Il est aujourd'hui confronté à de nouveaux défis qui constituent des enjeux de civilisation : allongement de l'espérance de vie, nouveau rôle des retraités dans la société, mais aussi potentiels inexploités des progrès de productivité liés aux nouvelles technologies faute de formation, chômage massif et bas salaires qui réduisent les bases de cotisations, explosion des prélèvements financiers sur les entreprises contre les prélèvements sociaux.
La réforme de progrès des retraites devrait prendre en compte toutes ces exigences et ne pas tenter d'enfermer le débat dans de fausses alternatives du type : allongement de la durée de cotisation ou remise en cause de l'âge du départ à 60 ans ou encore baisse des pensions.
Cela exige qu'un large débat s'instaure pour que les mesures proposées soient des leviers efficaces pour favoriser l'enclenchement de cercles vertueux favorisant l'emploi qualifié et dissuadant la financiarisation de l'économie.
Ce qui implique des mesures précises et cohérentes de la sécurisation de l’emploi et de la formation avec de bons niveaux de revenus, permettant d’engranger des cotisations de retraites.
Cela exige une autre utilisation de l’argent mettant en œuvre un pôle public financier, des Fonds régionaux pour l’emploi et de nouveaux droits et pouvoirs pour les salariés et tous les citoyens.
Quelques repères :
Ø 1 point de croissance du PIB représente 2 milliards de ressources supplémentaires pour la sécu dont 1/3 pour les retraites
Ø 100 000 chômeurs en moins cela représente 1,5 milliards d’euros de rentrées nouvelles, d’où l’urgence de la construction d’un nouveau système visant à sécuriser et à développer l’emploi et la formation.
Ø 1 point de masse salariale en plus cela représente 2 milliards d’euros de recettes nouvelles pour la sécu. D’où l’urgence de luttes pour relever la part des salaires dans la VA qui a perdu 10 points depuis 1983, alors que les profits financiers responsables de l’aiguisement de la crise ont explosé, d’où l’urgence d’un nouveau type de politique économique et de gestion des entreprises.
Ø Si on appliquait le taux de cotisation patronale (8%) aux revenus financiers des entreprises qui s’élevaient à 260 md’€ en 2008 (rapport des Comptes de la Nation), cela rapporterait 22,2 milliards d’€ au système de retraite.
Ø La démographie ne subit pas l’évolution annoncée. Après un important regain de 1945 à 1975 (baby boom) avec un taux de fécondité de 2,8, une chute à 1,9 en 1975 puis 1,7 en 1995, ce taux est remonté à 2 en 2000 et à 2,1% en 2009. Ce qui est considéré comme le seuil assurant le renouvellement des générations et donc la stabilisation du ratio actif/inactifs.
Ø 25% des jeunes de moins de 25 ans sont chômeurs et 2/3 des salariés seniors sont également au chômage ou dans des dispositifs de sortie d’emploi. Ce n’est donc pas l’augmentation du temps de travail qui est recherchée mais bien la suppression des droits actuels et la diminution des pensions !
Ø En Suède, pays qui nous est présenté comme le top modèle du social, la réforme de la retraite a introduit la retraite par capitalisation. 2,5% des revenus sont capitalisés dans des fonds en actions choisis sur un catalogue.
Ø La valeur des actifs de ces Fonds ont chuté de 34,5% en 2008.
Travailler plus longtemps ! Pour vivre moins longtemps !
Le recul de l’âge de la retraite a des conséquences sur l’espérance de vie. Travailler plus longtemps c’est vivre moins longtemps. Cela a été chiffré dans le rapport du Conseil d’orientation des retraites de 2001.
· Si en 2040, l’âge moyen de départ reste identique à 2000 (61 ans), l’espérance de vie augmentera de 5,5 ans
· Si l’âge de départ recule de 2 ans, l’augmentation d’espérance de vie tombe à 3,5 ans
· Si l’âge de départ augmente de 4 ans, cette augmentation n’est plus que de 1,5 ans.
· Si l’âge de départ augmente de 6 ans l’espérance de vie reculera de 0,5 ans.
· Si l’âge de départ augmente de 9 ans (70 ans), l’espérance de vie reculera de 3,5 ans.
Autrement dit : sans rien bouger des financements, pour avoir un niveau de pension identique en 2040 avec un taux de remplacement de 78%, il faudrait accepter de travailler 9 ans de plus et d’avoir une espérance de vie diminuée de 3,5 ans.
A l’inverse, garder le même âge de départ (toujours sans rien changer aux financements), il faudrait accepter un taux de remplacement du salaire à 42%.
Cela signifie que le retraité qui touche 1 000€ par mois n’en toucherait plus que 538€ !
La question des financements est donc primordiale et s’inscrit dans un choix de société : rester sur le scénario actuel basé sur la recherche de profits maximum accaparés par une petite minorité ou changer ce scénario, prendre comme fil conducteur les besoins humains, développer une protection sociale et une sécurité d’emploi et de formation pour tous les moments de la vie, de la petite enfance jusqu’à la fin de vie, avec pour la période « active » alternance de travail et de formation mais avec de bons revenus assurés.
Cela remet en cause les stratégies d’entreprises, l’utilisation de l’argent, qu’il soit issu du travail salarié (profits) ou des banques (crédits), et de l’intervention des salariés et des citoyens dans ces choix.
Autrement dit, l’intervention des citoyens pour l’amélioration de notre système de protection sociale est posée.
Il y aurait donc une société à 2 vitesses ! Celle où les profits croulent en abondance des mains de ceux qui détiennent le pouvoir de l’argent, et de celle de millions de gens qui s’appauvrissent de plus en plus. Relevons les défis !
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